Réveil au Costa Rica et soirée au Nicaragua : nouveau pays, nouvelles expériences…

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La Cruz - La Virgen / 43km / 110m D+ / Total 2127km

Ce matin nous nous sommes réveillés après ce qui doit être notre dernière nuit au Costa Rica. Notre autorisation de séjour expire aujourd’hui donc nous devons impérativement sortir du pays. Ce sera une grande première pour nous car nous n’avons jamais passé de frontière terrestre en vélo et nous savons que cela peut être compliqué. Nous partons donc de bonne heure pour effectuer les quinze kilomètres qui nous séparent de la frontière. Et comme un dernier signe que le Costa Rica est bien le pays des animaux exotiques, nous avons la chance de pouvoir admirer en bord de route toute une colonie de singes araignée qui sautent de branche en branche. Ils nous offrent là un très beau spectacle en guise d’adieu à ce pays que nous avons tous beaucoup aimé. En revanche, nous nous demandons si l’Etat n’aurait pas un peu oublié cet endroit non touristique du pays car les bas côté sont jonchés de détritus…Nous n’en avions quasiment pas vu de tout notre séjour.

Il est à peine neuf heures lorsque nous arrivons au poste frontière. Nous remontons une file ininterrompue de gros camions américains pour atteindre une barrière où nos passeports sont contrôlés une première fois avec nos tests PCR ( tous négatifs !). Nous apprenons alors que nous devons imprimer les tests PCR pour entrer au Nicaragua… La garde nous indique un bureau quelques mètres plus loin où nous pourrons imprimer les documents. Ils doivent avoir l’habitude car quelques minutes plus tard nous ressortons avec nos tests imprimés. De chaque côté de la route et même en plein milieu, il y a des sortes de guichets, des bureaux, des cahutes diverses et variées sans aucune indication. Nous allons donc avec nos vélos jusqu’à un autre poste de contrôle où l’on nous demande de justifier du tampon de sortie…que nous n’avons pas! Il nous faut rebrousser chemin pour retourner à un autre bâtiment faire tamponner nos passeports. Arrivés à ce bâtiment, le douanier nous explique que nous devons aller à un autre bureau pour payer une taxe de sortie! Ce n’est qu’une fois la taxe payée que nous aurons le tampon. Et dire que l’on se plaint de la bureaucratie en France, les Costaricains sont assez forts sur ce coup là ! Nous faisons de nouveau demi tour avec nos vélos et avons toutes les peines du monde à trouver le fameux bureau…qui se trouve en contrebas de la route! Une fois la taxe payée, nous pouvons enfin avoir nos tampons de sortie et…sortir du pays! Cela nous aura pris tout de même une heure.

Un des nombreux bureaux…

Il nous faut maintenant entrer au Nicaragua et vu le temps mis pour sortir d’un pays, nous nous disons que cela risque de prendre un moment… Nous commençons à nous présenter à un premier bureau où nos tests PCR sont vérifiés et enregistrés. Nous allons ensuite au bureau d’immigration où nous payons une première taxe d’un dollar par personne à la municipalité. Nous avions heureusement retirer quelques dollars en vue du passage de la frontière donc nous avons de quoi payer. Arrivés au guichet, nous présentons les passeports, les tests et…c’est tout ce que nous avons. Nous avons juste oublier d’imprimer le document nécessaire pour entrer au Nicaragua, outre une autre taxe de 14 dollars par personne. Sauf que là nous n’avions pas prévu autant et nous devons prendre les dollars qu’on eu les enfants pour Noël et qu’ils gardent pour les États Unis pour avoir le compte! Promis, nous n’oublierons pas de leur rendre. Une fois ce détail réglé, l’agent de l’immigration nous explique que son chef est en train de remplir pour nous le document manquant…Nous nous en sortons bien mais cela va prendre un certain temps. A plusieurs reprises le chef vient nous voir en ne s’adressant qu’à Célian pour lui demander nos professions, puis où nous allons quitter le pays et quand, les pays où nous avons voyagé avant, depuis quand nous avons quitté la France… Après de nombreux aller retour et une heure et demi d’atteinte nous sommes enfin autorisés à entrer au Nicaragua !!!

« No Men’s Land » entre Costa Rica et Nicaragua

Finalement le passage de la frontière s’est plutôt bien passé et nous n’avons même pas eu besoin de justifier d’un billet de sortie du territoire. Nous faisons nos premiers tours de roue dans ce nouveau pays et nous sommes plutôt agréablement surpris par les paysages qui nous entourent. Nous nous trouvons assez rapidement au bord du lac Cocibolca tellement grand que l’on dirait plutôt une mer, avec en arrière plan deux volcans qui se dressent fièrement sur l’autre rive. Il faut dire que le Nicaragua compte plus de vingt volcans sur un espace assez réduit. Nous assistons aussi à nos premiers scènes cocasses : une charrette tirée par deux boeufs avance tranquillement sur la route sans se préoccuper des camions américains bloqués derrière elle… Un peu plus loin, nous rencontrons un troupeau de vaches, sur la plage. Nous découvrons aussi les bus locaux aux couleurs chatoyantes qui nous rappellent un peu les Chivas colombiennes. Nous faisons une pause dans un premier village pour déjeuner et retirer de l’argent. Sauf qu’il n’y a pas de distributeur et que nous devrons attendre d’être à San Juan del Sur où nous irons demain pour pouvoir retirer… Ce n’est pas bien grave car nous avons encore des réserves dans les sacoches et quelques dollars à utiliser. Après cette pause, nous avançons jusqu’au prochain village situé vingt kilomètres plus loin pour trouver un endroit pour passer la nuit. Force est de constater que nous ne sommes pas dans un endroit très touristique et le village se résume à deux rues avec quelques pulperia pour faire des mini courses. En tout cas, ni hôtel ni bar ni restaurant à l’horizon. Nous demandons auprès des locaux et nous parvenons à trouver une chambre chez l’habitant. Ce n’est pas le grand luxe mais nous sommes à l’abri des moustiques et autres bestioles ce qui nous suffit amplement pour ce soir. Demain nous essaierons de faire mieux en retrouvant la côte pacifique. Nous sommes quand même soulagés d’avoir fait ce passage de frontière et nous avons hâte d’en découvrir plus sur ce pays…

La charette tirée par deux boeufs
Une route ombragée plutôt agréable
Bus locaux
Vaches en bord de lac
Arrivée à La Virgen
Volcan Concepcion

2 commentaires

  1. Ce passage de frontière aurait plu à Kafka… Sûr que les chicaneries et absurdités administratives nous font rire tant qu’elles ne nous touchent pas directement. De toutes façons, qu’auraient-ils fait de vous s’il vous avait manqué un document? Ils ne pouvaient même pas vous renvoyer au Costa-Rica et je les vois mal vous mettre en prison. Ici avec le pseudo confinement et les nouvelles attestations, l’administration nous donne quelques beaux exemples d’absurdités à rallonge propres à faire de chaque français un anarchiste. Heureusement que la majorité des citoyens a le sens des responsabilités et ne fait pas n’importe-quoi. Bonne nouvelle: il semblerait qu’on s’achemine vers une campagne de vaccination massive (à condition que les formalités administratives soient respectées) . Je crains fort que la frontière qui nous sépare de » l’après virus » ne ressemble à celle que vous venez de franchir. Bonne route à vous et encore merci pour vos passionnants comptes-rendus et vos éloquentes photos.

  2. Hello les voyageurs, j’avoue que votre passage de frontière a ravivé des souvenirs! Lors de mon voyage au Mexique et au Guatemala il y a une vingtaine d’années ( autant dire dans une autre vie😜) j’avais eu le même type de problématique en passant au Bélize. Il manque toujours un papier ou un tampon… Au final, on s’était rendu compte que c’était surtout pour récupérer quelques dollars. Bref, les aléas des voyages qui fabriquent des souvenirs mémorables! Bonne continuation et une mention spéciale aux enfants que je trouve drôlement courageux de pédaler autant!!!!

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